Les bonnes résolutions de début d'année - Raison et émotions

Les bonnes résolutions de début d’année – Partie 2: Raison et émotion

Hier, nous insistions sur l’importance d’avoir des objectifs SMART, même pour les objectifs de remise en forme, et comment ne pas en avoir conduit à l’échec.

Mais même des gens avec des objectifs SMART échouent et ne persistent pas. D’une certaine façon, ils voient des progrès (surtout au début), mais ce n’est pas si rapide ; même après avoir perdu 2 cm, les résultats ne sont pas assez visibles. Ils ont commencé gros, ils sont juste un peu moins gros. Cela n’en vaut pas la peine… Même si l’objectif intermédiaire, après un mois, est atteint, même si ils apparaissent sur sur la bonne voie, même si ils semblent susceptibles d’atteindre l’objectif final, et donc le but, ils abandonnent. Comment est-ce possible?

C’est le second problème.

 

Un plan avec un objectif SMART nous montre que ce que nous faisons fonctionne. C’est objectif. C’est un appel à la raison.

Seulement, nous sommes des entités émotionnelles. Nous avons également besoin de quelque chose de plus pour nous faire ressentir que cela fonctionne.

Prenons un exemple fréquent : l’approche classique pour perdre en tour de taille est de faire du cardio (ce qui n’est d’ailleurs pas le meilleur choix, mais c’est une autre histoire).

Les gens vont sur un tapis roulant et commencent à courir. Le corps est une machine merveilleuse et devient vite plus efficient. Tout débutant développera une meilleure technique rapidement. La dépense d’énergie peut être relativement élevée au début, mais bientôt, la même course avec la même vitesse et la même durée est beaucoup moins énergivore. Pour perdre un autre kilogramme, il faut augmenter la durée ou l’intensité.

C’est normal. C’est le principe du rendement décroissant. Pour toujours voir les progrès, il est nécessaire d’augmenter la dose. Alors que le tour de taille diminue encore (succès objectif), l’esprit trouve de plus en plus difficile de continuer (succès perçu). Les chiffres et la raison nous disent que cela fonctionne. Les émotions nous disent que ça n’en vaut pas la peine.

Une session est manquée. Puis deux. Alors c’est fini.

We need to associate emotions to success. The easiest and most frequent approach is to celebrate even small successes. I am convinced that the effect of cheat meals in many diets is at least as much connected to psychology as it may be to physiology. The cheat meal is a reward for keeping a strict diet in the week. If any intermediary goal is associated with a pleasurable event, it makes them more influent than a set of numbers. You reach the end of the month with 2 cm less on your waistline? You got to eat a cheeseburger, or this chocolate bar you have been dreaming about. The prize talks to our reward system. The anticipation of the prize is what makes it work. Of course, you could quit and eat chocolate right away. But you won’t. It is a talk to emotion, not reason.

Using emotions is not limited to celebrating.

Nous devons associer les émotions aux succès. L’approche la plus simple et la plus fréquente consiste à célébrer tous les succès, même les plus. Je suis convaincu que l’effet du “cheat meal” (un repas où tout les excès sont permis, généralement une fois par semaine) est au moins autant lié à la psychologie qu’à la physiologie. Le “cheat meal” est perçu comme une récompense après avoir suivi un régime strict durant la semaine.

Si tout objectif intermédiaire est associé à un événement agréable, la perspective de cet évènement est plus influent que n’importe quel nombre. Vous atteignez la fin du mois avec 2 cm de moins sur votre tour de taille? Vous pouvez manger un cheeseburger, ou cette barre de chocolat dont vous rêviez. Le prix parle à notre système de récompense. L’anticipation du prix est ce qui le fait fonctionner. Bien sûr, vous pourriez abandonner et manger le chocolat tout de suite. Mais vous ne le ferez pas. C’est un appel à l’émotion, pas à la raison.

Utiliser les émotions ne se limite pas à célébrer.

J’avais un élève qui progressait bien sur les “big lifts”, les principaux mouvements de musculation multi-articulations. Il avait un peu plus de 40 ans, avec une longue histoire de sédentarité et un environnement très stressant. Nous avons donc décidé de ne pas trop pousser trop vite l’augmentation des doses et de progresser doucement. Sur le plan des objectifs, il était sur la bonne voie. En regardant seulement les nombres bruts, ils semblaient cependant modestes dans l’absolu. Il voyait bien que ses charges maximum correspondaient à un échauffement pour moi. J’avais son âge, j’étais plus petit et plus léger. Une conversation avec la seule raison lui rappellerait que je m’entraînait depuis beaucoup plus longtemps que lui, et qu’il m’avait moi-même fallu du temps pour en arriver là. Cette même conversation avec la raison la rappellerait aussi que dans quelques mois, avec sa taille, il serait nettement plus fort, dans l’absolu, que moi. Mais le discours émotionnel ne faisait que comparer la situation présente. C’est une conversation irrationnelle. Comment faire face ? Un élément a été de lui faire oublier la comparaison entre nous, et le faire se souvenir de ce qu’il ressentait avec un certain poids quelques semaines plus tôt. Nous ne parlons pas du poids en kg, mais bien de la sensation de difficulté perçue !

Nous étions à l’échauffement. “C’est ta deuxième série d’échauffement, c’est léger, concentre-toi sur la technique et une forme parfaite.” Il effectua la série, facilement. “Cela t’a semblé léger, tu te rappelles, il y a 3 semaines, à quel point ce même poids te paraissait lourd ? Maintenant, c’est juste un réchauffement !“.

Les nombres bruts aurait dit la même chose, mais en parlant uniquement à la raison. L’utilisation de la sensation perçue (léger aujourd’hui, difficile et lourd 3 semaines auparavant…) le rendait perceptible émotionnellement. L’effet a été immédiat et l’a maintenu motivé.

Lier des objectifs SMART à vos buts est la première étape. La deuxième étape vers le succès consiste à lier les résultats objectifs aux émotions.

Pourtant, les gens continuent d’abandonner. Nous verrons pourquoi dans la troisième et dernière partie.

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